L’automne s’installe et avec lui, l’envie irrépressible de plats qui réchauffent le corps et l’âme. Oubliez les gratins monotones et laissez-vous transporter au cœur de la Franche-Comté avec une recette qui sublime des trésors de notre terroir. Imaginez la douceur sucrée de la courge butternut, fondante à souhait, qui vient caresser le caractère fumé et puissant de l’authentique saucisse de Morteau. Pour lier ce duo improbable et pourtant si harmonieux, une onctueuse sauce béchamel maison, généreusement relevée par la saveur fruitée et la profondeur d’un grand fromage : le comté. Ce n’est pas simplement un gratin, c’est une promesse de gourmandise, un plat convivial et généreux qui rassemble autour de la table. Un véritable hymne aux saveurs rustiques et à l’authenticité, facile à réaliser mais qui laissera une impression durable sur vos convives. Enfilez votre tablier, nous partons pour un voyage culinaire dont vous vous souviendrez.
30 minutes
50 minutes
moyen
€€
Ingrédients
Ustensiles
Préparation
1. La préparation des vedettes régionales
Commencez par la cuisson de la saucisse de Morteau. Plongez-la dans une grande casserole d’eau froide, sans la piquer surtout ! C’est le secret pour qu’elle conserve tout son jus et ses saveurs fumées. Portez l’eau à frémissement, mais ne la faites jamais bouillir. Laissez-la pocher ainsi pendant environ 25 minutes. Pendant ce temps, occupez-vous de la courge butternut. Pour la peler plus facilement, vous pouvez la passer 2 à 3 minutes au micro-ondes, la peau s’enlèvera comme par magie avec un simple économe. Une fois pelée, coupez-la en deux dans la longueur, retirez les graines et les filaments à l’aide d’une cuillère à soupe. Taillez ensuite la chair en fines tranches régulières, d’environ 3 millimètres d’épaisseur. L’utilisation d’une mandoline est ici idéale pour obtenir une cuisson parfaitement homogène. Une fois la saucisse cuite, égouttez-la et laissez-la tiédir avant de la découper en rondelles d’environ 5 millimètres. Enfin, à l’aide d’une râpe à gros trous, râpez votre morceau de comté et réservez-le.
2. La confection de la sauce béchamel, le liant crémeux
Dans une casserole à fond épais, faites fondre le beurre à feu doux. Une fois qu’il est complètement fondu et qu’il crépite légèrement, ajoutez la farine en une seule fois. Mélangez vivement avec un fouet pendant une à deux minutes. Vous venez de réaliser ce que l’on appelle un roux, c’est-à-dire un mélange de matière grasse et de farine qui sert à lier les sauces. Cette étape est cruciale pour éviter les grumeaux. Retirez la casserole du feu et versez environ un tiers du lait froid tout en fouettant énergiquement. La préparation va s’épaissir rapidement. Remettez sur feu doux et ajoutez progressivement le reste du lait, en plusieurs fois, sans jamais cesser de remuer. La sauce va épaissir petit à petit. Laissez-la cuire quelques minutes jusqu’à ce qu’elle nappe le dos d’une cuillère. Hors du feu, incorporez la crème fraîche, le sel, le poivre et une belle pincée de noix de muscade fraîchement râpée pour parfumer délicatement l’ensemble. Goûtez et rectifiez l’assaisonnement si nécessaire.
3. Le montage, un jeu de construction gourmand
Préchauffez votre four à 180°C (thermostat 6). Choisissez un plat à gratin assez grand. Beurrez-le généreusement sur toutes ses faces. Pour commencer le montage, versez une fine couche de sauce béchamel au fond du plat. Cela évitera que les ingrédients n’attachent. Disposez ensuite une première couche de tranches de butternut en les faisant se chevaucher légèrement. Répartissez quelques rondelles de saucisse de Morteau par-dessus. Nappez généreusement de sauce béchamel puis saupoudrez d’un peu de comté râpé. Répétez l’opération : une couche de butternut, les rondelles de saucisse restantes, la sauce béchamel et le fromage. Terminez par une dernière couche de butternut, que vous recouvrirez avec le reste de la sauce. Assurez-vous que toutes les tranches de courge soient bien immergées pour qu’elles cuisent parfaitement.
4. La cuisson, la magie opère au four
Saupoudrez la surface du gratin avec la totalité du comté râpé restant. Cette couche généreuse va former une croûte dorée et irrésistible. Enfournez le plat à mi-hauteur pour une durée de 45 à 50 minutes. Le gratin est prêt lorsque la surface est joliment gratinée et que la pointe d’un couteau s’enfonce sans aucune résistance dans la courge. Si le dessus dore trop vite, n’hésitez pas à le couvrir avec une feuille de papier aluminium pour le reste de la cuisson. Une fois sorti du four, laissez impérativement votre gratin reposer pendant une dizaine de minutes avant de le servir. Ce temps de repos permet aux saveurs de se diffuser et à la structure de se raffermir, ce qui facilitera le service.
Mon astuce de chef
Pour une saveur encore plus profonde et une touche d’originalité, vous pouvez ajouter une cuillère à café de moutarde à l’ancienne dans votre sauce béchamel. Son piquant subtil viendra délicieusement contraster avec la douceur de la courge et le fumé de la saucisse.
Accords mets et vins
Ce plat riche et savoureux, emblématique de la Franche-Comté, appelle un vin de sa région. Optez pour un vin blanc du Jura, comme un Arbois chardonnay. Avec ses notes de fruits à coque, de beurre frais et sa belle minéralité, il saura soutenir la puissance du comté et de la Morteau tout en rafraîchissant le palais. Un Côtes du Jura issu du cépage savagnin, plus complexe et puissant, sera également un compagnon de choix pour les amateurs de sensations fortes.
Un concentré de Franche-Comté
Ce gratin est bien plus qu’une simple recette, c’est une véritable célébration du terroir de Franche-Comté. La saucisse de Morteau, reconnaissable à sa cheville de bois, bénéficie d’une Indication Géographique Protégée (IGP). Elle est fumée lentement à la sciure de résineux, ce qui lui confère son goût si caractéristique. Le comté, quant à lui, est un fromage au lait cru de vache à pâte pressée cuite, protégé par une Appellation d’Origine Protégée (AOP) depuis 1958. Son affinage, de 4 à plus de 24 mois, développe une palette aromatique d’une richesse incroyable. Associer ces deux monuments de la gastronomie locale à la douceur de la courge, c’est créer un équilibre parfait et rendre hommage à un savoir-faire ancestral.



