Pour changer des veloutés et gratins » : voici la recette de butternut rôtie de Laurent Mariotte

Pour changer des veloutés et gratins" : voici la recette de butternut rôtie de Laurent Mariotte

L’automne s’installe et avec lui, le ballet des courges sur les étals. Parmi elles, la butternut, avec sa peau beige et sa chair orangée, est souvent la reine de nos cuisines. Mais trop souvent, elle finit sa course en velouté ou en gratin. Aujourd’hui, nous vous proposons de briser la routine culinaire. Le chroniqueur et cuisinier Laurent Mariotte, fervent défenseur d’une cuisine de saison, simple et accessible, nous livre sa méthode pour la sublimer : la rôtir. Une technique qui concentre les saveurs, caramélise la chair et transforme ce légume humble en un véritable plat de fête. Oubliez les préparations longues et fastidieuses. Ici, le four fait tout le travail, et le résultat est tout simplement spectaculaire. Suivez le guide pour redécouvrir la courge butternut comme vous ne l’avez jamais goûtée, un plat réconfortant qui illumine la table et ravit les papilles des petits comme des grands. C’est la promesse d’un repas simple, sain et incroyablement gourmand.

20 minutes

40 minutes

facile

Ingrédients

personnes +

Ustensiles

Préparation

1. Le four préchauffe, la courge se prépare

Commencez par préchauffer votre four à 180°C (thermostat 6) en mode chaleur tournante, ce qui assurera une cuisson bien homogène. Pendant ce temps, lavez soigneusement votre courge butternut sous l’eau froide, en la brossant si nécessaire pour enlever toute trace de terre. Ne vous lancez pas dans une bataille avec votre courge ! Pour la couper sans risque, commencez par la stabiliser sur votre planche à découper. Tranchez les deux extrémités pour créer des bases plates. Vous pouvez maintenant la couper en deux dans le sens de la longueur beaucoup plus facilement. À l’aide d’une cuillère à soupe, évidez la partie contenant les graines et les filaments. Inutile de la peler ! Sa peau, une fois cuite, devient tendre et savoureuse, surtout si elle est bio. Détaillez ensuite chaque moitié en belles tranches d’environ deux centimètres d’épaisseur, comme des croissants de lune.

2. La magie de la marinade

Dans un petit bol, versez l’huile d’olive et le miel. C’est le duo qui va permettre à la butternut de caraméliser et de dorer à la perfection. Prenez vos gousses d’ail et, sans les peler, écrasez-les simplement avec le plat de la lame de votre couteau. C’est ce qu’on appelle de l’ail en chemise ; il va parfumer l’huile délicatement sans brûler et confire doucement à la cuisson. Ajoutez ces gousses écrasées dans le bol, ainsi que les brins de thym frais préalablement rincés. Mélangez bien l’ensemble pour que le miel se dissolve dans l’huile d’olive.

3. Le bain de saveurs avant le passage au four

Recouvrez votre plaque de cuisson ou la lèchefrite de votre four de papier sulfurisé. C’est le secret pour un nettoyage facile et pour éviter que la courge n’attache. Disposez vos tranches de butternut en une seule couche, en veillant à ce qu’elles ne se chevauchent pas trop pour qu’elles puissent rôtir uniformément. Versez la marinade sur les morceaux de courge. Et maintenant, la partie la plus agréable : avec vos mains propres, massez chaque tranche pour bien la recouvrir de ce mélange parfumé. C’est un geste simple qui garantit une cuisson parfaite et savoureuse sur toute la surface. Salez généreusement à la fleur de sel et donnez quelques tours de moulin à poivre. Enfournez pour environ 40 minutes de cuisson.

4. La touche croquante finale

Pendant que le four embaume votre cuisine de ses arômes réconfortants, occupez-vous des noisettes. Placez-les sur votre planche à découper et utilisez le fond d’un verre ou le plat de votre couteau pour les concasser, c’est-à-dire les briser en gros morceaux irréguliers. On ne cherche pas à faire de la poudre, mais à obtenir des éclats qui apporteront de la texture et du croquant sous la dent. À mi-cuisson, soit après environ 20 minutes, ouvrez le four avec précaution et, à l’aide d’une spatule, retournez délicatement chaque tranche de butternut. Dix minutes avant la fin de la cuisson, parsemez vos noisettes concassées sur la courge. Elles auront juste le temps de torréfier et de libérer tous leurs arômes sans risquer de brûler.

5. La dégustation

Surveillez attentivement la fin de la cuisson. La butternut est prête lorsque la pointe d’un couteau s’y enfonce sans aucune résistance et que les bords sont joliment dorés et caramélisés. C’est ce contraste entre le moelleux de la chair et le croustillant des bords qui fait tout le charme de la recette. Sortez la plaque du four et laissez tiédir quelques instants avant de servir. Le spectacle des couleurs et des odeurs est déjà une promesse de régal.

Elisabeth Marchais

Mon astuce de chef

Pour une touche d’originalité, n’hésitez pas à varier les plaisirs. Remplacez le miel par du sirop d’érable pour des notes plus boisées, ou ajoutez une pincée de piment d’Espelette ou de paprika fumé à votre marinade pour réveiller le plat. Les herbes aussi peuvent changer : le romarin ou la sauge se marient à merveille avec la douceur de la butternut. Vous pouvez aussi ajouter des dés de feta ou des copeaux de parmesan en fin de cuisson pour un côté salé et gourmand.

Accords mets vins

La douceur de la butternut rôtie au miel appelle un vin blanc à la fois rond et frais, capable de soutenir la richesse du plat sans l’écraser. Orientez-vous vers un vin de la Vallée de la Loire comme un Vouvray sec ou un Montlouis-sur-Loire. Leurs arômes de coing et de miel feront un écho subtil à la recette. Un Chardonnay de Bourgogne, pas trop marqué par le bois, comme un Mâcon-Villages ou un Saint-Véran, apportera également une belle tension et une richesse qui équilibreront parfaitement le plat. Pour ceux qui préfèrent le rouge, un vin léger et fruité comme un Pinot Noir d’Alsace ou un Beaujolais-Villages sera un compagnon agréable.

L’info en plus

La courge butternut, aussi appelée doubeurre en français, est une variété de courge musquée (Cucurbita moschata) originaire d’Amérique. Sa popularité en Europe est relativement récente mais fulgurante, et pour cause : sa chair fine, sans fibres et au délicat goût de noisette est plus douce et moins aqueuse que celle du potiron. Riche en bêta-carotène (un précurseur de la vitamine A), en vitamines C et en antioxydants, elle est un véritable atout santé durant la saison froide. Sa peau, bien que ferme, est tout à fait comestible une fois cuite, surtout si vous choisissez un produit issu de l’agriculture biologique. La rôtir, comme le propose Laurent Mariotte, est sans doute la meilleure façon de concentrer ses sucres naturels et d’exalter son parfum subtil.

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